Retour sur le 3ème congrès de l'EURAF

Après Bruxelles et Berlin-Cottbus, ce fut au tour de Montpellier d’accueillir le congrès européen d’agroforesterie qui se tient tous les deux ans. Ce congrès est organisé par la Fédération Européenne d’agroforesterie (EURAF), avec cette année le soutien majeur de l’INRA.

On attendait 150 participants, ils furent 287, venant de 26 pays, et parmi eux Stéphane Le Foll, Ministre de l’Agriculture, qui est venu affirmer sa conviction que l’agroforesterie fait partie des outils pour la double performance économique et environnementale des exploitations agricoles, et qu’elle est un des piliers de l’initiative de stockage de carbone dans les sols (4 pour mille).

Avec 71 communications orales et 52 posters, cette conférence a été riche de confrontations et d’échanges.  Toutes les formes d’agroforesterie ont été  évoquées lors de ce congrès : bocage, haies, plantations intra-parcellaires, arbres isolés, bosquets, trognes, arbres fourragers…  2 sessions plénières, 12 sessions parallèles ont été organisées, et ont abordé la productivité des systèmes agroforestiers, les services environnementaux, leur résilience face au changement climatique, la modélisation biophysique des interactions arbres-cultures, l’acceptabilité par les agriculteurs, l’adaptation des réglementations nationales et européennes.

Le format de cette conférence (longues sessions posters ave remise de prix, journée de terrain en milieu de congrès permettant de faire connaissance, intermèdes musicaux) a favorisé de nombreux échanges conviviaux. Dans une synthèse brillante du congrès, Patrick Worms (ICRAF) a rappelé à quel point les moyens de recherches restent disproportionnés entre les approches agro-écologiques et les approches génomiques ou bio-technologiques.

Trois tournées de terrain ont permis de se confronter à toutes les facettes de l’agroforesterie moderne : agroforesterie maraichère à Vézénobres et Marseillan, grandes cultures en couloir à Restinclières et Maraussan, sylvopatoralisme à Cécéles et Saint-Maurice de Navacelles, agroforesterie viticole à Restinclières.

Deux prix ont récompensé les meilleurs posters. Le prix du jury a été décerné à Esther Guillot, pour son poster intitulé « Spatial soil fertility gradient in a mature agroforestry system under a mediterranean climate » , et le prix du public à Cathy Bouffartigue, pour son poster intitulé « Adapting successionnal agroforestry systems to an European context with collaborative methods ».

Le côté festif et culturel n’a pas été oublié, avec un concert étonnant des « Arbrassons », une musique créée avec des arbres sculptés, frottés ou percutés par la main du musicien. Dans la cour du château de Restinclières, au soleil couchant…

Cette conférence a été rendue possible grâce aux soutiens du Ministère français de l’agriculture, de l’INRA,  du CIRAD, du projet européen  AGFORWARD, du Conseil Départemental  de l'Hérault, de la Fondation de France, de l’Association Française d’agroforesterie (AFAF) et de Montpellier Supagro.

La prochaine édition est prévue en 2018, et deux pays ont fait une proposition d’accueil : l’Italie, avec Venise, et la Hollande, avec Nimègue. Rendez-vous en 2018 !

Publiée : 02/06/2016

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